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Bibliographie

Une sélection critique de livres et de documents.

 

■ La Socialisation
Muriel DARMON, Armand Colin, Collection 128 (3e édition), avril 2016, 9,80 euros.

Comment la société construit-elle les individus ? Quels sont les processus sociaux à travers lesquels nous devenons ce que nous sommes ? C’est toute la question de la socialisation.
L’auteure montre comment, au fil du cycle de vie, s’articulent les actions socialisatrices respectives de la famille (et à travers elles de la structure sociale et des rapports sociaux de sexe), des professionnels de l’éducation et des normes éducatives, de l’école, des groupes de pairs, de la vie en couple, du travail, du passage par diverses institutions ou de la participation à diverses interactions.

Une nouvelle édition de l’ouvrage désormais classique de la sociologue Muriel Darmon, qui permet aux professeurs de disposer, dans un format court, d’un panorama d’ensemble sur ce thème du programme de Première.

 

 

■ Nos mythologies économiques
Éloi LAURENT, Les liens qui libèrent, février 2016, 12 euros.

Dans cet essai bref et incisif, Éloi Laurent, économiste à l’OFCE, se propose de déconstruire ce qu’il considère comme de fausses évidences économiques, des assertions qui se présentent comme allant de soi alors qu’elles sont de puissantes mystifications. Il interroge quinze mythologies économiques majeures comme : « Une économie de marché dynamique repose sur une concurrence libre et non faussée », « Il faut produire des richesses avant de les redistribuer », « L’immigration représente un coût économique insupportable », « Les marchés et la croissance sont les véritables solutions à nos crises écologiques », « L’écologie est l’ennemie de l’innovation et de l’emploi »…
Objectif de l’auteur : « immuniser les citoyens contre ces mystifications économiques qui polluent le débat public et empoisonnent la démocratie », « redonner au lecteur le goût du questionnement économique ».

 

 

■ Chantier interdit au public
Claire BRAUD d’après une enquête de Nicolas JOUNIN, Casterman, coll. Sociorama, février 2016, 12 euros.

Une bande dessinée dans une nouvelle collection, Sociorama, qui réunit auteurs de BD et sociologues de terrain. La démarche vise à incarner les résultats d’enquêtes sociologiques dans des récits fictionnels.
Ainsi, le scénario de cet ouvrage donne vie à une enquête menée par Nicolas Jounin dans l’univers des chantiers de construction. Conditions de travail, multiplicité de statuts très inégaux, hiérarchies ethniques entre ouvriers, discriminations, précarité… : l’ouvrage nous fait partager le quotidien des travailleurs du bâtiment.

 

 

■ Pour la sociologie .
Et pour en finir avec une prétendue « culture de l’excuse »
Bernard LAHIRE, La Découverte, « Cahiers libres », janvier 2016, 13,50 euros.

Depuis plusieurs décennies, la sociologie est régulièrement accusée d’excuser la délinquance, le crime et le terrorisme, ou même de justifier les incivilités et les échecs scolaires. Bernard Lahire démonte ici la confusion des perspectives : « Les critiques qu’on adresse aujourd’hui à la sociologie et, plus largement, à toutes les sciences qui étudient la réalité sociale, reposent sur un mélange de méconnaissance et de résistance. On prête ainsi parfois, par pure méconnaissance, des intentions ou des défauts à ces sciences qu’elles n’ont pas. On confond leur travail de description et d’interprétation avec, selon les cas, un travail de justification ou de dénonciation : lorsqu’elles donnent à comprendre des actes moralement ou juridiquement condamnables, on les soupçonne d’excuser ; lorsqu’elles énoncent des états de fait qui fâchent (inégalités, dominations, etc.), on leur reproche de dénoncer ». Un livre clair et accessible, s’adressant à des non-professionnels de la sociologie, pour expliquer la nécessité d’une pensée scientifique sur le monde social.

 

 

■ Pauvreté et vulnérabilité sociale.
Cahiers français, n° 390, janvier-février 2016, 10,10 euros.

La pauvreté et la vulnérabilité sociales minent profondément la cohésion de la société française et se caractérisent par le chômage et les ruptures familiales. Ce numéro des Cahiers français rassemble des analyses d’économistes et de sociologues comme Serge Paugam (« Pauvreté et précarité en période de crise »), Pierre Concialdi (« Les travailleurs pauvres »), Léa Morabito et Camille Peugny (« Entre pauvreté et exclusion : des trajectoires de précaires »)… Il interroge également l’efficacité des politiques de lutte contre la pauvreté. A noter aussi dans ce numéro, un point sur le débat concernant l’allégement du code du travail. Utile à la fois pour les thèmes « Justice sociale et inégalités » et « Travail, emploi, chômage » du programme de Terminale, et pour l’étude de l’État-providence en classe de Première.

 

 

■ Bienvenue dans le capitalisme 3.0.
Sandrine Cassini, Philippe Escande, Albin Michel, octobre 2015, 18 euros.

Après l’âge de la vapeur, puis celui de l’électricité, une nouvelle révolution industrielle est en marche. Google, Uber, Amazon, Apple, Facebook, Wikipedia sont les éléments avancés d’une vague qui va emporter l’économie et la société tout entière. Entreprises, administrations et salariés sont menacés. À moyen terme, nous disent Philippe Escande et Sandrine Cassini, journalistes au Monde et aux Échos, un emploi sur trois pourrait disparaître. Avocat, médecin, banquier, professeur, journaliste… toutes les professions sont concernées.
Fin du salariat, fin des petits chefs et des grandes organisations, le monde du travail construit au début du XXe siècle est en train de se recomposer. Fin de l’intimité aussi ! États et entreprises peuvent désormais tout savoir de nos besoins, de nos désirs, de nos vies. Mais il est aussi plus facile qu’hier d’entreprendre, de travailler, de se faire connaître… Le numérique rend plus libre, plus informé plus créatif.
Sommes-nous à l’aube d’un hypercapitalisme marchand où tout sera à vendre ? Ou inversement la société va-t-elle se convertir à l’échange et au partage ? Enfer ou paradis ? Un voyage au cœur du nouveau monde qui nous attend.

 

 

■ Comprendre l’économie : 2. Questions économiques contemporaines.
Problèmes économiques, Hors-série n° 8, La Documentation française, octobre 2015, 9 euros.

 

Ce second volet de « Comprendre l’économie » présente les grandes questions économiques de notre temps. Le dossier est organisé en trois parties. Il commence par faire le point sur la conjoncture mondiale pour se concentrer ensuite sur des tendances plus structurelles dans des domaines comme la compétitivité, les modèles de croissance, la fiscalité ou la protection sociale. Une dernière partie s’intéresse à la régulation des économies, car les pouvoirs publics sont toujours très sollicités pour gérer les effets de la crise : les politiques monétaires non conventionnelles, la refonte de la gouvernance bancaire et financière, la gouvernance environnementale. Un numéro utile aux professeurs.

 

 

■ La Fabrique du conformisme.
Éric Maurin, Le Seuil-La République des idées, septembre 2015, 11,80 euros.

 

L’individu contemporain n’est plus soumis comme hier à l’autorité de grandes normes religieuses et politiques. Mais agit-il pour autant en toute indépendance ? Non, dit Éric Maurin, s’élevant contre le mythe d’une société hyper-individualiste, dont les membres n’aspireraient qu’à l’autonomie. Cette vision néglige les liens profonds et durables que nous entretenons les uns avec les autres. La tendance à imiter ceux dont nous voulons rester proches traduit la volonté de ne pas s’en éloigner encore davantage. Un conformisme contraint par la tradition, dominé par la peur de la réprobation sociale, a cédé la place à un conformisme d’adhésion, par peur de l’isolement social. Et l’auteur en tire des enseignements pour améliorer l’efficacité de l’action publique dont la portée est modifiée par ces effets d’entraînement. Un livre bourré d’exemples, pris aussi bien dans l’entreprise que dans la famille, à l’école que dans les quartiers des grandes villes. Une réflexion accessible aux élèves de Terminale et à même d’enrichir le thème du programme « Quels liens sociaux dans des sociétés où s’affirme le primat de l’individu ? ».

 

 

■ Fils et filles de… Enquête sur la nouvelle aristocratie française.
Aurore Gorius, Anne-Noémie Dorion, La Découverte, « Cahiers Libres », 17 euros

 

Chiara Mastroianni, fille de Marcello et de Catherine Deneuve, Charlotte Gainsbourg, fille de Serge et de Jane Birkin, Arthur H., Izïa et Kên Higelin, tous enfants de Jacques, Marie Drucker, fille de Jean et nièce de Michel, Thomas Dutronc, fils de Jacques et de Françoise Hardy, Arnaud Lagardère, fils de Jean-Luc, Léa Seydoux, fille de… Interminable est la liste de ces enfants de chanteurs, d’acteurs, ou d’animateurs télé, ou bien héritiers d’un empire économique qui occupent, à la suite de leurs parents, la une des médias.
Cette enquête révèle que les dynasties ne se sont jamais aussi bien portées que dans la France d’aujourd’hui. Les auteures journalistes y décrivent comment, dès le plus jeune âge, se fabrique l’entre-soi, à l’école, dans les loisirs, les vacances, les alliances… La puissance du nom fonctionne comme un patrimoine assurant la reproduction sociale. Un ouvrage qui permettra aux élèves de Terminale d’illustrer le thème du programme « Comment rendre compte de la mobilité sociale ? ».

 

 

■ L’Économie mondiale 2016.
CEPII, sous la direction d’Isabelle Bensidoun et Jézabel Couppey-Soubeyran, septembre 2015, Éditions La Découverte, « Repères », 10 euros.

 

En dépit d’une reprise qui s’est confirmée aux États-Unis et d’un retour timide mais sensible de la croissance en zone euro, les incertitudes qui pèsent sur l’économie mondiale sont grandes.
Cette nouvelle édition de L’Économie mondiale se penche sur l’éventualité d’un phénomène de stagnation séculaire et sur les risques de déflation, et évoque les nouvelles donnes de la mondialisation. Les politiques d’assouplissement monétaire non conventionnelles sont-elles efficaces ? Comment en sortir en évitant un ajustement brutal ? Quels liens entre inégalités et développement de la finance ? Quelles perspectives pour les économies émergentes ? L’Inde va-t-elle prendre le relais de la Chine comme puissance régionale dominante en Asie ? Quel avenir pour le commerce mondial ? Voilà quelques-unes des grandes questions économiques éclairées par les analyses d’une quinzaine d’économistes ayant collaboré à cet ouvrage collectif. En complément, une base de données statistiques fournissant une vision très synthétique de l’économie mondiale et de son évolution ces dix dernières années.

 

 

■ Le Monde est clos et le désir infini.
Daniel Cohen, Éditions Albin Michel, septembre 2015, 17,90 euros.

 

Dans ce nouvel essai, Daniel Cohen s’interroge sur les conséquences d’une croissance devenue intermittente, fugitive. Alors qu’aujourd’hui nous vivons une troisième révolution industrielle, une période d’innovations intenses, « jamais les perspectives de croissance n’ont été si décevantes ». Le progrès technique a perdu sa capacité de traction de l’ensemble de la société, le numérique menace un grand nombre d’emplois, notamment ceux de qualification moyenne dans les banques, les assurances, les administrations… Comment renouer avec l’idée de progrès dans des sociétés où la croissance matérielle s’éloigne ? Plutôt que de parier sur un retournement du cycle, l’auteur préconise de « s’immuniser contre les aléas de la croissance », en protégeant les individus de l’insécurité économique. Plusieurs pistes sont explorées, notamment un véritable droit à la formation professionnelle des chômeurs.

 

 

■ School business.
Comment l’argent dynamite le système éducatif
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Arnaud Parienty, La Découverte, « Cahiers libres », août 2015, 17 euros.

 

Dans tous les segments de l’éducation, de nouveaux marchés se développent : soutien scolaire, coaching, stages et séjours linguistiques à l’étranger, prépas privées en complément des cours de l’université, formations supérieures coûteuses… L’explosion d’une offre privée de services éducatifs variés se nourrit de l’appauvrissement de l’école publique et d’une demande sociale attisée par l’angoisse des parents dans un contexte de chômage et de lutte exacerbée pour occuper les meilleures places. Dressant un état des lieux du système éducatif, Arnaud Parienty dévoile le rôle croissant voire décisif du capital économique de la famille dans la réussite scolaire des enfants. Cette sélection par l’argent affecte désormais non seulement les classes populaires mais aussi les classes moyennes instruites qui peinent à consentir des investissements à la limite de leurs possibilités financières. Un livre passionnant pour comprendre ce qui se joue à l’école et réfléchir aux enjeux des politiques éducatives.

 

 

■ Les Sciences économiques et sociales.
Histoire, enseignement, concours

Sous la direction de Marjorie Galy, Erwan Le Nader et Pascal Combemale
Préface de Stéphane Beaud et Thomas Piketty
Éditions La Découverte, « Grands Repères Manuels », mai 2015, 22 euros

 

Cet ouvrage explore les dimensions historique, épistémologique, didactique et pédagogique des SES, considérées comme autant de facettes solidaires du même projet. Le lecteur y trouvera de nombreux éléments sur la genèse de la discipline, ses controverses (quant aux contenus, finalités et méthodes d’enseignement, ou à sa place dans le système éducatif), mais aussi une pluralité de réflexions, appuyées sur des travaux d’élèves et des séquences pédagogiques d’enseignants, quant à la manière de conduire les apprentissages et de les évaluer.
L’ouvrage, rédigé par des professeurs de sciences économiques et sociales dont beaucoup sont ou ont été formateurs, sera utile aussi bien aux étudiants préparant les concours de SES qu’aux enseignants en poste.

 

 

■ Un nouveau monde économique, Mesurer le bien-être et la soutenabilité au 21e siècle
Par Éloi Laurent et Jacques Le Cacheux, Odile Jacob, avril 2015, 22,90 euros

 

Mesurer, c’est gouverner ! Les auteurs critiquent la pertinence du PIB comme indicateur de référence dominant dans le débat public. Ils montrent l’enjeu démocratique de se doter d’instruments pour cerner les véritables déterminants de la prospérité humaine et les conditions de son maintien dans le temps, sous une contrainte écologique de plus en plus forte, « pour éviter le naufrage et naviguer aussi paisiblement que possible sur les eaux du nouveau monde économique ». Ce livre explique ainsi comment des indicateurs de bien-être et de soutenabilité peuvent servir de boussoles pour de nouvelles politiques.

 

 

■ Comprendre l’économie : 1. concepts et mécanismes
Problèmes économiques Hors-série n° 7, La Documentation française, mars 2015, 9 euros.

 

Ce numéro de Problèmes économiques, rédigé par des universitaires et des professeurs de Sciences économiques et sociales, inaugure la série « Comprendre l’économie ». Après une présentation des sciences économiques, il fait le point sur les outils utilisés par les économistes : offre, demande et prix, biens collectifs et externalités, imperfections de l’information… Puis, le thème « Les acteurs de l’économie » s’intéresse au fonctionnement des banques, aux arbitrages des ménages… Enfin, la dernière partie traite du fonctionnement et des dysfonctionnements des marchés, notamment des marchés des capitaux et du travail. Un numéro utile aux professeurs.

 

 

■ Vivre ensemble dans un monde incertain
Par Serge Paugam, Les éditions de l’Aube, janvier 2015, 12 euros.

 

Le sociologue Serge Paugam poursuit sa réflexion sur le lien social dans les sociétés modernes. Les liens unissant les individus à la société sont aujourd’hui fragilisés et source de profondes inégalités. Alors que certains tissent des liens forts qui les sécurisent et leur permettent d’être reconnus, d’autres souffrent d’un double déficit de protection et de reconnaissance. Questionner le « vivre ensemble », c’est alors se demander comment repenser la solidarité. Un essai stimulant d’une centaine de pages, mobilisable en classe de Terminale sur la question « Quels liens sociaux dans des sociétés où s’affirme le primat de l’individu ? »

 

 

■ Les Transformations de la société française
Les cahiers français n° 383, La Documentation française, novembre-décembre 2014, 10 euros.

 

Les effets destructeurs du chômage de masse, les apports et limites des enquêtes de mobilité sociale, les formes et évolutions de la délinquance, l’égalité inachevée entre hommes et femmes, ou encore les conséquences de l’immigration sur la société française : ce tour d’horizon des grandes questions sur la société française entre en résonance avec bon nombre de points des programmes de Première ou de Terminale.

 

 

■ Voyages de classes
Des étudiants de Seine-Saint-Denis enquêtent dans les beaux quartiers
Par Nicolas Jounin, La Découverte, octobre 2014, 16 euros.

 

Nicolas Jounin, sociologue à l’Université Paris 8, a amené, entre 2011 et 2013, trois promotions d’étudiants à enquêter dans le 8e arrondissement de Paris où se concentre la haute bourgeoisie. Pour s’initier à la méthode sociologique, pratiquer l’observation, élaborer et administrer un questionnaire et conduire des entretiens, les étudiants ont dû se familiariser avec « un monde nouveau et étrange, dont les indigènes présentent des coutumes et préoccupations insolites ». Le livre raconte ce parcours d’investigation qui prend à contresens l’habitude qui veut que, le plus souvent, « ceux d’en haut » analysent l’univers social de « ceux d’en bas ».

 

 

■ Une Société sans impôts ?
Par Vincent Drezet, Éditions Les liens qui libèrent, octobre 2014, 12 euros.

 

À l’heure du « ras-le-bol fiscal », Vincent Drezet, fiscaliste et responsable syndical, s’interroge sur les moyens de renforcer le consentement à l’impôt. Après une mise en perspective historique des débats sur la fiscalité, il envisage ce que serait une société sans impôts : peut-on demander à la fois moins d’impôts et plus de services publics ? Enfin, l‘auteur suggère des pistes pour une fiscalité plus juste, condition indispensable à ses yeux de l’acceptation de l’impôt.

 

 

■ Parlons banque en 30 questions
Par Jézabel Couppey-Soubeyran et Christophe Nidjam, La Documentation Française, septembre 2014, 5,90 euros (4,99 euros en version numérique).

 

À quoi sert une banque ? D’où vient l’argent des banques ? Pourquoi les banques sont-elles réglementées ? Qu’est-ce que la titrisation ? Les dépôts des particuliers sont-ils utilisés pour spéculer sur les marchés ? Qui surveille les banques ?
Ce sont quelques-unes des questions auxquelles ce livre s’efforce de répondre. De façon très pédagogique, les auteurs expliquent le fonctionnement du système bancaire et aident à comprendre en particulier les risques et les enjeux de la régulation des banques.

 

 

■ L’Économie pour toutes

Par Jézabel Couppey-Soubeyran et Marianne Rubinstein, La Découverte, mai 2014, 14 euros.

 

Un livre pour les femmes que les hommes feraient bien de lire aussi.
Un parti-pris pour cet ouvrage écrit par des femmes économistes : convaincre les femmes de s’intéresser à l’économie, les inciter à comprendre cet univers dans lequel la parole d’expert très majoritairement masculine exerce un effet de domination. Les auteures s’efforcent de rompre avec cette posture pour faire partager la réflexion économique. Les entrées de chapitre sont des interpellations sur des questions impliquant les lectrices. Dois-je acheter ou louer mon logement ? Mon banquier gère-t-il bien mon argent ? Devrais-je travailler plus longtemps ?… À partir de ces questions (il y en a 10), la démarche consiste à élargir l’angle de vue pour aborder la dimension macroéconomique des problèmes. Un livre très accessible dont les chapitres peuvent être lus dans n’importe quel ordre. À mettre sans hésiter dans les mains des élèves, filles comme garçons !

 

 

■ Raconter la vie

Sous la direction de Pierre Rosanvallon, janvier 2014.

 

Raconter la vie est simultanément une collection de livres et un site internet participatif. L’objectif est de rendre visibles et lisibles des existences et des lieux oubliés, relégués, négligés… Il s’agit ni plus ni moins que d’écrire « le roman vrai de la société française » et de tenter de remédier à la « mal-représentation » qui mine la démocratie.

Pour « raconter la vie » dans toute la diversité des expériences, la collection accueille des écritures et des approches multiples ― celles du témoignage, de l’analyse sociologique, de l’enquête journalistique et ethnographique, de la littérature. Les ouvrages sont écrits par des écrivains, des journalistes, des chercheurs ou des témoins.

Parmi les quatre ouvrages parus en janvier, deux « racontent la vie » ouvrière :

Moi, Anthony, ouvrier d’aujourd’hui  : témoignage anonyme d’un jeune de la banlieue lyonnaise découvrant l’univers du travail, ouvrier non qualifié dans le secteur des entrepôts et de la logistique, confronté à l’incertitude et à la précarité.

La course ou la ville par Eve Charrin : récit d’une journaliste sur le monde des chauffeurs-livreurs, contraints de naviguer entre le stress de la circulation automobile, le contrôle à distance de leur employeur et les exigences des clients.

A paraître en avril 2014
Regarde les lumières mon amour  : un texte d’Annie Ernaux sur l’univers des hypermarchés.
Éditions Le Seuil, Collection « Raconter la vie », 5,90 euros.

Pour découvrir le projet, Raconter la vie

 

 

B.A.BA de l’économie contemporaine

Coédition Le Pommier/La Cité des sciences et de l’industrie, mars 2013, 120 pages, 12 euros.

 

Des professeurs de sciences économiques et sociales et d’économie-gestion posent des questions à six économistes…
Comment fonctionne l’économie de marché ? Quelles sont les limites du marché ? Quels sont les facteurs de la croissance ? Faut-il sécuriser ou flexibiliser l’emploi ? Pourquoi la mondialisation fait-elle peur ? Comment sortir de la crise ?…
Six thèmes : les acteurs, le marché, la croissance, le travail, la mondialisation, la pensée économique, soumis à la réflexion de six économistes : Augustin Landier, Agnès Bénassy-Quéré, Philippe Askénazy, Philippe Frémeaux, Jean-Marc Daniel et Pierre-Cyrille Hautcoeur.
Avec six dépliants illustratifs : par exemple, les règles qui encadrent le marché, les externalités, une fresque sur les grands courants de la pensée économique…
Un ouvrage clair et pédagogique, à la portée des élèves de lycée, dans lequel on peut aller et venir, piocher ce qui intéresse.
Le livre accompagne l’exposition « L’économie : krach, boom, mue ? » à la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris jusqu’au 5 janvier 2014.

 

■ Le destin au berceau. Inégalités et reproduction sociale

Par Camille Peugny, Éditions du Seuil et La République des Idées, mars 2013, 128 pages, 11,80 euros.

 

Comment expliquer que dans la France d’aujourd’hui, sept enfants d’ouvrier sur dix exercent un emploi d’exécution quand sept enfants de cadre sur dix occupent un emploi d’encadrement ?
Pourquoi, en dépit de la hausse du niveau d’éducation, la reproduction sociale persiste-t-elle avec une telle intensité ? Camille Peugny revient sur le « mirage » de la moyennisation et montre le poids de l’origine sociale dans le destin des individus. Il interroge les zones d’ombre de la démocratisation scolaire et la forte polarisation sociale des filières du supérieur.
Une argumentation étayée par de nombreuses données statistiques sur les 25 dernières années.
Utile en Terminale sur le thème « Classes, stratification et mobilités sociales ».